Rapport sommaire de l’Atelier sur l’engagement et la collaboration internationales en science et technologie arctiques

 

Le 9 décembre 2014 – Arctic Change 2014

Centre Shaw – Ottawa, Canada

 

Aperçu

 Même si nombre de débouchés s’offrent à l’Arctique, par exemple une intensification de la mise en valeur des ressources et du transport maritime, il demeure des défis sociaux, environnementaux et économiques de taille à relever. Un renforcement de la collaboration bilatérale en science et technologie (S-T) peut, par une meilleure compréhension, favoriser une meilleure adaptation à ces défis et possibilités.

 Le 16 décembre 2014, la Loi sur la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique a reçu la sanction royale. Par l’effet de cette loi, les ressources et les connaissances de la Commission canadienne des affaires polaires (CCAP) et de la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique (SCREA) seront jumelées de façon à donner naissance à un nouvel organisme fédéral de recherche responsable de l’avancement des connaissances du Canada au sujet de l’Arctique et du renforcement du leadership canadien sur la S-T polaire (l’entrée en vigueur reste à préciser). La SCREA, qui doit qui être établie à Cambridge Bay, au Nunavut, et son programme de S et T en gestation, donnent naissance à de nouvelles perspectives d’intensification de la coopération internationale. Il existe aussi d’autres possibilités de collaboration avec d’autres chercheurs et institutions polaires du Canada.

 La CCAP et la SCREA ont eu le plaisir d’accueillir pendant toute une journée un Atelier sur l’engagement et la collaboration internationales en science et technologie arctiques réunissant à Ottawa, le 9 décembre 2014, des institutions et des chercheurs canadiens et étrangers en sciences polaires. L’atelier a permis la mise en commun des priorités actuelles et futures de S-T de l’Arctique, de manière à étudier les possibilités d’intensifier la collaboration bilatérale entre les établissements de recherche polaires canadiens et étrangers. L’atelier a réuni plus de 150 personnes de diverses régions du Canada et d’au moins 13 pays, notamment les É.-U., la Suède, la Finlande, la Norvège, le R.-U., la France, l’Allemagne, l’Italie, la Corée, le Japon, la Chine, l’Inde et la Suisse.

 Ordre du jour de l’atelier (en anglais seulement)

 Le paysage de la recherche polaire canadienne

 Dans l’avant-midi, les participants ont pu avoir une idée claire du paysage canadien de la recherche polaire. Diverses personnalités ont prononcé les allocutions de bienvenue : Messieurs David J. Scott, directeur exécutif de la Commission canadienne des affaires polaires, Martin Raillard, scientifique en chef de la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique, Chris Shapardanov, directeur exécutif des Affaires circumpolaires et de l’énergie à Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada, ainsi que David Grimes, sous-ministre adjoint du Service météorologique du Canada et président de l’Organisation météorologique mondiale.

Le paysage de la recherche polaire canadienne : David J. Scott, directeur exécutif de la Commission canadienne des affaires polaires, a donné un aperçu du contexte opérationnel canadien, notamment de l’immensité et de la diversité géographique et de la population largement éparpillée de l’Arctique canadien, ainsi que de l’existence et de l’importance des ententes sur les revendications territoriales et des régions désignées.

Exposé (en anglais seulement)

 L’état du savoir polaire au Canada : Susan File, analyste de recherche de la Commission canadienne des affaires polaires, a exposé certaines constatations tirées d’un document publié récemment par la CCAP, à savoir le rapport intitulé L’état du savoir nordique au Canada, reposant sur des entrevues auprès de chercheurs et praticiens du Nord et complétées et validées par la documentation publiée. En mettant l’accent sur les priorités de recherche importantes pour les Canadiens du Nord, le rapport faisait ressortir les gains et les lacunes en matière de recherche sous l’éclairage de divers thèmes : Préparation à la mise en valeur à grande échelle des ressources; Accroître la durabilité des collectivités; Renforcer la résilience et Compréhension des changements environnementaux.

 Exposé (en anglais seulement)

L’état du savoir nordique au Canada – Commission canadienne des affaires polaires (rapport et compendium sur le Web)

 

L’État de la surveillance environnementale dans le Nord du Canada: Tara Zamin, analyste de recherche à la Commission canadienne des affaires polaires, a exposé les conclusions de la surveillance terrestre tirées d’un rapport de la CCAP à paraître prochainement, soit début de 2015, sur L’État de la surveillance environnementale dans le Nord du Canada. Les constatations se fondaient sur une analyse des lacunes concernant les thèmes de surveillance, la géographie et les régions visées par la mise en valeur des ressources. Les auteurs du rapport faisaient également ressortir les perspectives de synergies plus grandes en matière de surveillance.

 Exposé (en anglais seulement)

 Réseau canadien d’opérateurs de recherche nordique (RCORN) : M. James Drummond, président du RCORN, a donné un aperçu du travail du Réseau. Ce réseau a été créé pour veiller à ce que le Canada conserve dans le Nord une infrastructure de recherche appropriée et servir de tribune aux exploitants d’établissements de recherche. M. Drummond a souligné que le RCORN recherche résolument des possibilités de lien et de collaboration, tant à l’échelon national qu’au niveau international, et a mené un sondage auprès de ses membres afin mieux saisir leurs priorités et y répondre.

Exposé (en anglais seulement)

Site Web du RCORN

 Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique (SCREA) : M. Martin Raillard, scientifique en chef de la SCREA, a fait le point sur la station en voie de construction à Cambridge Bay, au Nunavut, et sur le programme de S-T qui est en préparation. La station entrera en service en 2017. L’actuel programme de S-T (2014-2015 à 2018-2019) vise à répondre à cinq priorités à court terme : 1) état de préparation de l’information de base aux fins de la mise en valeur; 2) énergies renouvelables et de remplacement; 3) sensibilisation à la situation sous-marine; 4) prévision des répercussions de l’évolution des glaces, du pergélisol et de la neige sur le transport maritime, l’infrastructure et les collectivités et 5) infrastructure pour le développement. Un appel public à propositions portant sur deux de ces domaines prioritaires a été publié au début de décembre 2014 et est ouvert aux institutions et aux particuliers canadiens, par exemple les groupes régionaux et communautaires, les centres universitaires, les ministères et organismes fédéraux, le secteur privé et les ONG. La SCREA travaille actuellement avec d’éventuels partenaires étrangers afin de préciser les domaines communs d’intérêt et de capacité en matière de recherche et des idées de projets et compte publier un appel international à propositions à l’automne/l’hiver 2015, avant la saison de terrain 2017.

 Exposé (en anglais seulement)

Site Web de la SCREA

 Priorités actuelles et futures de S et T arctique des autres pays

 Le deuxième volet de l’atelier a offert l’occasion, aux représentants des principaux établissements de recherche polaire de neuf pays différents, d’offrir un aperçu de leurs priorités actuelles et futures de recherche dans l’Arctique.

 États-Unis :  Eric S. Saltzman, chef des sciences arctiques à la division des programmes polaires de la National Science Foundation (NSF), a donné un aperçu des activités et priorités de recherche de la NSF. Ses thèmes comprennent les glaces de mer et l’évolution de l’océan Arctique; les liens climatiques et subpolaires; la dynamique des glaciers et la montée du niveau de la mer; l’acidification de l’océan; le réchauffement de la toundra/du pergélisol; l’écodynamique humaine et les aspects scientifiques de la durabilité, de l’adaptation et de la résilience. Il a également donné un aperçu de la station de recherche américaine dans l’Arctique et du soutien disponible sur le terrain.

  Exposé (en anglais seulement)

 Suède : Margareta Johansson, du ministère des sciences de la Terre et des écosystèmes à l’Université de Lund, a donné un aperçu des priorités de l’INTERACT (réseau international de recherche et de surveillance terrestre dans l’Arctique). Malgré leur présence dans la recherche en sciences sociales dans l’Arctique, les principaux domaines de concentration des institutions et des chercheurs suédois se situent d’abord dans les sciences naturelles : recherches dans des domaines comme la géologie marine et les fonds marins, le pergélisol et le cycle du carbone, la chimie marine et l’océanographie, la météorologie et l’atmosphère, l’espace, ainsi que la géologie. Il a également été question, dans son exposé, de certaines stations de recherche de la Suède et de son brise-glace et vaisseau de recherche polaire.

Exposé (en anglais seulement)

 Finlande : Bruce Forbes, professeur et chercheur du Centre arctique de l’Université de Laponie, a donné un aperçu du domaine de concentration de la recherche des universités et des institutions de Finlande actives en recherche sur l’Arctique et les climats froids dans des domaines comme l’infrastructure, l’économie, l’environnement, la technologie, le développement durable, les sciences sociales, la santé et le bien-être, le transport maritime, la foresterie et les pêches. M. Forbes a aussi donné un aperçu de certaines stations de recherche et de surveillance de la Finlande.

 Exposé (en anglais seulement)

 Royaume-Uni : Tim Stockings, directeur des opérations au British Antarctic Survey (BAS), a donné un aperçu des priorités en sciences polaires du BAS, ainsi que de ses capacités opérationnelles. La recherche polaire menée par le BAS est actuellement concentrée sur le climat, la chimie et le climat antérieur, les écosystèmes, les changements et l’évolution de l’environnement, le glacier continental et les océans polaires. Le BAS peut exécuter des activités scientifiques stratégiques dans les régions polaires et a comme moyens opérationnels une station de recherche arctique dans l’archipel de Svalbard et de nombreuses stations dans l’Antarctique, un soutien logistique dans les deux régions polaires, un aéronef capable de transporter le matériel scientifique et un nouveau navire de recherche polaire qui entrera en service en 2019.

 Exposé (en anglais seulement)

 France : Denis-Didier Rousseau, chercheur principal du Centre national de la recherche scientifique, a donné un exposé de l’initiative arctique de la France, notamment les 10 priorités scientifiques pour le prochain programme national de recherche arctique de la France.

Les 10 grandes priorités sont les suivantes : 1) variabilité de l’atmosphère arctique et mondiale, y compris l’amplification, le couplage et les répercussions; 2) le cycle de l’eau et la glace terrestre; 3) un océan en transformation, de l’environnement physique aux écosystèmes marins; 4) la géodynamique et les ressources; 5) la dynamique du pergélisol dans le contexte du réchauffement climatique; 6) la dynamique de l’écosystème terrestre dans le contexte du changement global; 7) les peuples autochtones et le changement global; 8)un  programme intégré sur le continuum terre-mer arctique; 9) la pollution, notamment les sources, cycles et répercussions et 10) le développement durable dans la région arctique, y compris les répercussions, la mise en œuvre et la gouvernance.

 Exposé (en anglais seulement)

 Allemagne : Nicole Biebow, chef de l’unité de la coopération internationale de l’Institut Alfred Wegener Institute (AWI), a donné un aperçu de la stratégie allemande de recherche arctique intitulée Rapid Climate Change in the Arctic : Polar Research as a Global Responsibility, qui a été publiée en 2012. Parmi les domaines clés de recherche, mentionnons le passé, le présent et l’avenir du changement climatique dans l’Arctique; l’apport de la glace terrestre du Groenland à l’augmentation du niveau de la mer; le recul de la glace de mer dans l’Arctique; le pergélisol et les hydrates de gaz en tant que variable inconnue du système climatique; l’adaptation des organismes polaires aux changements dans l’environnement arctique et les risques et perspectives de l’augmentation de l’exploitation commerciale dans l’Arctique. Mme Biebow a également abordé une partie de l’apport de l’AWI aux priorités de recherche arctique de l’Allemagne, notamment la recherche touchant la glace de mer arctique et son interaction avec l’océan et les écosystèmes et l’exportation du carbone des émissions de GES et sa dégradation microbienne.

 Exposé (en anglais seulement)

 Italie : M. Vito Vitale, chercheur principal du Conseil national de recherche de l’Italie, a donné un aperçu de certaines des priorités de recherche de son pays, notamment la physique atmosphérique et le climat; le pergélisol et les écosystèmes terrestres; la biologie marine et la biodiversité; l’océanographie; la géophysique marine (notamment les risques naturels); le paléoclimat; l’observation de la Terre, l’ionosphère et l’interaction Soleil-Terre, ainsi que l’astrophysique. M. Vitale a insisté sur les supersites comme moyen d’étudier la complexité des systèmes, tout en rappelant les progrès technologiques favorisant la durabilité. Il a fait état d’un certain nombre de domaines éventuels de collaboration future entre institutions et chercheurs canadiens et italiens et découlant d’un atelier Canada-Italie sur la collaboration en S-T dans l’Arctique qui a eu lieu à Ottawa en 2014.

Exposé (en anglais seulement)

Atelier Canada-Italie de collaboration en science et technologie arctiques (rapport sommaire)

 Corée : Hyoung Chul Shin, chef de la Coopération internationale à l’Institut de recherche polaire de la Corée (KOPRI), a donné un aperçu de la recherche menée par le KOPRI dans l’Arctique, recherche concentrée sur le changement climatique, notamment les causes et les conséquences; la biodiversité, l’adaptation et l’évolution; la tectonique et l’évolution du système terrestre, ainsi que les recherches polaires naissantes, notamment le physique de la haute atmosphère, notamment : la surveillance des changements environnementaux dans le pergélisol de l’Arctique circumpolaire; la surveillance des changements dans l’océan Arctique et les systèmes connexes; l’examen des liens entre l’Arctique et les régions des latitudes moyennes, ainsi que de la reconstitution des changements climatiques et environnementaux antérieurs. Compte tenu des nombreuses sociétés publiques de Corée présentes dans le secteur des ressources énergétiques et minérales, le pays s’intéresse également aux sciences appliquées dans divers domaines, par exemple le transport maritime. La Corée possède une station de recherche dans l’Arctique et deux dans l’Antarctique, ainsi qu’un navire de recherche polaire.

Exposé (non disponible actuellement)

 Japon : Masaki Uchida, du groupe Biosciences de l’institut national de recherche polaire (NIPR), a fait ressortir les domaines potentiels de recherche coopérative entre les chercheurs canadiens et japonais dégagés au cours d’un atelier antérieur réunissant des participants du NIPR et d’ArcticNet. Parmi ces priorités, mentionnons l’océan, l’atmosphère et le Passage du Nord-Ouest, les changements dans les glaciers, la couverture de neige, le processus du pergélisol et de la surface terrestre dans l’Arctique; les écosystèmes terrestres et la haute atmosphère dans l’Arctique canadien, en plus du partage de l’infrastructure. Les domaines de collaboration avec la SCREA, soulignés également par M. Uchida, étaient notamment les observations sur la couverture de glace et la glaciologie dans l’Arctique et l’établissement d’observatoires communautaires sur le pergélisol dans l’ensemble de l’Arctique canadien.

Lien :  Exposé (en anglais seulement)

 Prochaines étapes pour intensifier la collaboration bilatérale en S‑T dans l’Arctique

 L’atelier s’est terminé par une discussion sur les prochaines étapes permettant d’intensifier la collaboration bilatérale en S‑T dans l’Arctique entre les Canadiens et les institutions et chercheurs polaires étrangers. La troisième conférence internationale sur la planification de la recherche arctique (ICARP III) en avril 2015est , de l’avis des participants, une source d’information concernant les priorités communes de recherche internationale qui pourraient être adoptées. On a également souligné l’importance d’intégrer les activités de recherche actuelles à celles des partenaires étrangers et de favoriser la recherche individuelle, y compris par les étudiants au doctorat, au moyen des recherches dans l’Arctique canadien. Afin de faciliter la collaboration internationale, il a été proposé que la SCREA et d’autres institutions canadiennes examinent leurs propres priorités de recherche et les domaines dans lesquels les institutions étrangères ou internationales, d’après leurs domaines de concentration de recherche ou leur capacité opérationnelle, pourraient participer à l’atteinte de ces priorités. Des pourparlers bilatéraux entre institutions pourraient ensuite avoir lieu afin de définir plus précisément et de poursuivre les perspectives de collaboration.